Allo maman déprime !

, par  Enrique Moreira

Plus grave que le baby blues, la dépression post-partum en est aussi véritablement différente. Elle est plus profonde et peut se révéler de quelques semaines à un an après la naissance. Le Plan périnatalité de 2005 a été un pas important pour la détection de ce trouble, mais il n’est pas suffisamment mis en œuvre.

Elles sont nombreuses, les femmes désirant être mère qui ont entendu parler du baby blues. Connu également sous le nom « syndrome du troisième jour », celui-ci donne aux jeunes mamans l’envie de pleurer au moment où elles sont censées vivre les plus beaux jours de leur vie, mais cette réaction n’est que passagère. En revanche, elles sont plus rares à connaître la dépression post-partum, qui se déclare, comme son nom l’indique, après la naissance, de quelques mois à un an plus tard, et qui est bien plus grave. Si 50 % des jeunes mamans font un baby blues, on estime que 10 % d’entre elles présentent de véritables troubles d’ordre dépressif.

Difficile à détecter

Pourtant connu depuis le début des années 60, ce trouble psychologique est encore trop peu souvent détecté, ou alors très tardivement. La faute au tabou, selon les spécialistes. « Il est encore difficile à ce jour, en France, de parler du mal-être d’une femme durant sa grossesse et après l’accouchement », explique au Figaro Elise Marcenda. Elle est membre de Maman Blues, une association qui vient en aide aux jeunes mères en difficulté et qui veut attirer l’attention des pouvoirs publics sur les risques liés à la dépression post-partum.

En 2005, une première avancée avait été faite dans le cadre du Plan périnatalité avec la mise en place d’un entretien non médical au quatrième mois de grossesse. Une initiative qui devait aider à détecter les personnes à risque, mais il semblerait, selon des évaluations encore non officielles, que moins de 50 % des futures mamans en bénéficient réellement. A cela s’ajoute un temps d’hospitalisation de plus en plus court après l’accouchement. Dans ces conditions, la détection des troubles est très difficile.

Une maladie dangereuse

A la sortie de la maternité, les femmes se retrouvent très vite isolées, n’osant pas parler de ce qu’elles vivent par peur de passer pour une mauvaise mère. Il arrive également que la dépression post-partum ne soit identifiée que très longtemps après, lors d’une consultation chez un psychologue pour un problème différent. Le praticien se rend alors compte que les désordres émotionnels de la patiente peuvent remonter à son premier ou à son deuxième accouchement.

Si certaines vivent avec cette maladie sur une longue période, il ne faut pas pour autant la prendre à la légère. Les conséquences de la dépression post-partum peuvent aller de l’humeur dépressive en fonction des jours aux idées suicidaires, en passant par des troubles du sommeil, une perte de l’appétit et la sensation d’être incompétente. Sans même parler des répercussions pour l’enfant, qui grandit avec une mère souvent distante, parfois méchante et surtout très déprimée.

Source

- « Mieux anticiper la dépression des mères après l’accouchement », Le Figaro, 9 juillet 2012.

DOSSIERS

Un autre regard sur les maladies mentales

Dépression, anorexie, troubles bipolaires, phobies, schizophrénie… Actuellement, 12 millions de Français souffriraient de troubles psychiques. Pourtant, les maladies mentales restent encore l’objet de préjugés tenaces qui stigmatisent les patients et les isolent à la fois socialement et (...)

Vie affective et sexuelle : une affaire d’éducation

Inhérente à la vie affective, la sexualité est source de découverte à tout âge. Les enfants comme les adolescents, qui se posent de nombreuses questions à ce sujet, devraient pouvoir trouver à chaque fois des réponses adaptées. Car l’éducation affective et sexuelle est un enjeu important de vie en société, (...)

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

ARTICLES RÉCENTS