Hépatites B et C : les personnes à risques ne sont pas suffisamment dépistées

, par  Delphine Delarue

D’après une étude publiée par le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire », en France, environ 500 000 adultes seraient infectés par les virus de l’hépatite B ou C et près de la moitié l’ignoreraient.

Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) mis en ligne le 25 mai à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre les hépatites, en France, environ 500 000 adultes seraient infectés de façon chronique par une hépatite virale B ou C et près de la moitié l’ignoreraient. Un chiffre inquiétant lorsque l’on sait que les infections dues à ces virus peuvent dégénérer en cirrhoses et en cancers du foie. Le dépistage précoce reste la seule façon d’éviter les complications. Pour Catherine Enel, chercheuse à l’Inserm, les hépatites B et C représentent « un problème de santé publique universel et demeurent insuffisamment dépistées et traitées, même en France malgré la mise en place de plusieurs plans de lutte successifs depuis près de deux décennies ». Bien que son renforcement fasse bien partie des priorités du plan national de lutte contre les hépatites B et C 2009-2012, il semblerait que le dépistage, qui consiste en un prélèvement sanguin et repose essentiellement sur le médecin généraliste, ne soit pas encore proposé à toutes les personnes à risques.

Tatoués, piercés et migrants trop souvent oubliés

Ainsi, d’après une des études publiée sur le sujet dans le BEH du 25 mai, si une majorité de médecins proposent bien systématiquement le dépistage de l’hépatite C aux usagers de drogue par voie intraveineuse et aux personnes transfusées avant 1992, il ne le font pas aussi fréquemment pour celles présentant une asthénie importante et durable, celles portant un tatouage ou un piercing ou encore celles ayant subi un acte chirurgical invasif. Il faut en effet savoir que la contamination au virus ne se produit pas uniquement quand le sang d’une personne infectée entre en contact avec le sang d’une personne indemne, mais aussi par l’intermédiaire d’instruments ou d’aiguilles souillées de sang infecté et insuffisamment désinfectées.
Pour l’hépatite B, dont le virus se transmet par tous les liquides et sécrétions biologiques et le plus souvent par le sang et par contact sexuel, le dépistage semble relativement satisfaisant sur les usagers de drogue par voie intraveineuse et nasale – il leur est en effet systématiquement proposé par 73,1 % des généralistes, et les personnes ayant des comportements sexuels à risque (55,9 %). Cependant, la proposition de dépistage est bien moins régulière pour les personnes originaires de forte endémie (Asie, Afrique subsaharienne). Celles-ci font pourtant bien partie des publics pour lesquels le plan national recommande un renforcement des dépistages. Pour les auteurs de l’étude, afin d’améliorer le dépistage de ces hépatites, celui-ci pourrait par exemple être proposé de façon systématique avec celui du VIH.

Source
- Gautier A., Jestin C., « Pratiques de dépistage des hépatites virales par les médecins généralistes, France, 2009 », BEH Web, n° 1, 2011, 25 mai 2011, www.invs.sante.fr/behweb/2011/01/r-2.htm
- Enel C., Editorial, « Quelles perspectives pour les dépistages des hépatites B et C ? », BEH Web, n° 1, 2011, 25 mai 2011, www.invs.sante.fr/behweb/2011/01/r-1.htm

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