Le portable est-il responsable de tumeurs du cerveau chez l’enfant ?

, par  Delphine Delarue

L’étude internationale Mobikids, dont la partie française vient d’être lancée, se penche sur les effets du téléphone mobile sur la santé cérébrale des jeunes.

La survenue des tumeurs cérébrales chez les enfants est-elle liée à leur exposition croissante aux champs électromagnétiques et à leur utilisation du téléphone portable en particulier ? C’est la question à laquelle tente de répondre l’étude internationale Mobikids, lancée officiellement en mars 2009, financée en partie par la Commission européenne et dont la partie française vient de débuter. D’après l’Institut de veille sanitaire (INVS), dans notre pays, un enfant sur 440 développera un cancer avant l’âge de 15 ans. Et, alors que les tumeurs cérébrales représentent le deuxième cancer le plus fréquent chez l’enfant (après les leucémies), « les facteurs de risque n’en sont pas clairement identifiés », peut-on lire sur le site de l’Inserm. L’étude Mobikids, la première du genre consacrée aux enfants, devrait donc permettre d’y voir plus clair. Concrètement, d’ici cinq ans, 2 000 patients, âgés de 10 à 24 ans, atteints de tumeur cérébrale et 2 000 autres jeunes en bonne santé seront suivis et interrogés par interview à l’aide d’un questionnaire détaillé portant sur leurs facteurs sociodémographiques, leurs lieux de résidence successifs et leurs expositions à différents facteurs environnementaux dont le téléphone portable (conditions d’utilisation, fréquence, durée des appels). En France, l’étude est notamment coordonnée par le Registre national des tumeurs solides de l’enfant, chargé de suivre près de 700 enfants dont 235 atteints de tumeurs cérébrales.

Les jeunes accros au portable

Si l’étude Interphone, lancée en 2000 par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) auprès de 5 000 adultes atteints d’un cancer du cerveau, n’avait pas permis d’établir un lien direct entre téléphone portable et tumeur cérébrale, l’hypothèse reste présente dans le milieu scientifique, notamment concernant les enfants. Les jeunes sont en effet de gros consommateurs de téléphonie mobile (selon Le Parisien, 82 % des Français âgés de 12 ans et plus, 73 % des 12-14 ans et 97 % des 15-17 ans ont un téléphone portable) et le resteront certainement tout au long de leur vie, contrairement aux générations précédentes. De plus, c’est précisément au moment de l’enfance et de l’adolescence que le cerveau, encore en pleine mutation, est le plus fragile. Certaines astuces permettent toutefois de limiter les risques, comme l’utilisation du kit mains libres, du haut-parleur ou des SMS.

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