Sida : combattre la banalisation

, par  Vincent Portois

Depuis 25 ans, l’association Sidaction mène un combat sans relâche contre le virus du Sida. La sensibilisation et l’information auprès des jeunes reste l’un des enjeux principaux. Les résultats du baromètre annuel réalisé avec l’institut Ifop montre que 23 % des 15-24 ans s’estiment mal informés.

En parallèle du grand rendez-vous médiatique annuel du Sidaction, organisé entre le 5 et 7 avril 2019, Le Journal du dimanche (JDD), daté 31 mars, a dévoilé en exclusivité la nouvelle édition du baromètre de l’association. Outre, le fait que 21 % des 15-24 ans n’ont pas reçu d’enseignement spécifique sur le virus, ce sont 23 % des jeunes qui s’estiment mal informés, soit une augmentation de 12 points par rapport à l’année 2009, selon les résultats alarmants de ce sondage. Dans le JDD, le directeur général adjoint de l’Ifop, Frédéric Dabi, a complété que « même si ce sentiment demeure minoritaire, on observe un décrochage. Tous nos indicateurs montrent une situation préoccupante. Il y a un désintérêt relatif des jeunes à l’égard du Sida  ». L’étude met notamment en avant « le syndrome du super-héros » : 21 % des jeunes interrogés déclarent en effet ne pas avoir peur du virus. Contre-sens et idées reçues sur le mode de transmission du virus se répandent du fait donc d’une méconnaissance certaine des risques. Pour preuve, 28 % pensent par exemple que le VIH peut se transmettre durant des rapports sexuels protégés avec une personne séropositive !

Renforcer la prévention

Les jeunes sondés rejettent beaucoup la faute sur l’Éducation nationale, avec plus de 20 % des collégiens ou lycéens affirmant ne pas avoir reçu de cours spécifique sur le Sida et 73 % qui estiment ne pas être suffisamment informés par elle. La directrice générale de Sidaction confirme que le rôle éducatif « ne doit pas reposer uniquement sur les associations. Il est indispensable de renforcer l’éducation à la sexualité dans les collèges et les lycées. Trois heures par an sont prévues dans les programmes scolaires, mais ce n’est pas toujours respecté. Cela est une des raisons pour lesquelles les jeunes oublient que le VIH est toujours présent et qu’ils prennent des risques  ». Pour éviter une banalisation progressive donc, l’association Sidaction continue de faire des appels aux dons et de recruter des bénévoles, avec cette année le hashtag #contreloubli. Présidente du Sidaction, prix Nobel de médecine en 2008 et surtout co-découvreuse du virus HIV, Françoise Barre-Sinoussi a insisté sur ce message au moment du médiatique Sidaction, dont la 25e édition cette année s’est faite en partenariat avec 30 médias, et en compagnie de l’éternelle marraine Line Renaud : « n’oublions pas que le virus est toujours là ! N’oublions pas de donner ! […] Malgré les avancées, le virus du Sida est toujours là. (...) Certes, on vit avec le VIH, mais malheureusement on n’en guérit toujours pas. Et près d’un million de personnes décèdent encore chaque année dans le monde  ». Pour rappel 1,8 million de personnes ont été nouvellement infectées par le VIH l’an dernier dans le monde pour un total de 37 millions de personnes vivant avec le virus. En France, 173 000 personnes vivent avec le virus, dont 25 000 l’ignorent et 28 % des découvertes de séropositivité dans l’Hexagone se font à un stade avancé de la maladie…

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