AVC : des chances de survie variables selon les cas

, par  Delphine Delarue

Selon une étude récente publiée par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), les chances de survie après un AVC varient plus ou moins en fonction de sa nature (hémorragique ou ischémique), mais aussi du sexe et de l’âge du patient.

Chaque année en France, près de 155 000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Parmi elles, environ 62 000 décèdent. Si les chances de survie restent réelles, elles varient considérablement en fonction du type même de l’AVC. C’est ce que conclut une étude publiée récemment dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH-Santé publique France), réalisée à partir du registre des AVC de Lille qui recueille tous les cas d’accident vasculaire cérébral chez les 35 ans et plus. Les chercheurs ont ainsi pu analyser les données de près de 3 000 individus enregistrées entre 2008 et 2017 et comparer la létalité de ces patients à 28 jours selon leur sexe et l’étiologie de leur AVC.
Premier constat, donc : la mortalité est plus élevée et rapide après un AVC hémorragique (rupture d’une artère cérébrale) et comparativement plus faible après un AVC ischémique (occlusion d’une artère cérébrale par un caillot sanguin). Dans le cas de l’AVC hémorragique, la lésion sera en effet « plus volumineuse, explique au Figaro le professeur Yannick Béjot, chef du service de neurologie au CHU de Dijon. L’irruption de sang dans la boîte crânienne fermée va donner une mortalité importante dès les premiers jours ». 


Une majorité de décès dans les six jours qui suivent l’AVC hémorragique

Dans le détail, sur les 2 933 patients retenus dans l’étude du BEH, « les AVC hémorragiques et ischémiques représentaient respectivement 16 % et 84 % des cas et les taux de létalité étaient de 48 % et 15 %, précisent les auteurs. La majorité des décès (75 %) survenait avant six jours après un AVC hémorragique et avant 16,5 jours après un AVC ischémique. » 
Autre enseignement : le taux de mortalité varie aussi en fonction du sexe mais pour certains AVC seulement. Si aucune différence de survie à 28 jours n’est « observée entre les hommes et les femmes après un AVC hémorragique », elle est en revanche « inférieure chez les femmes par rapport aux hommes après un AVC ischémique » (les taux de létalité atteignant ici respectivement 18 % chez les femmes et 12 % chez les hommes). 


Mortalité plus élevée chez les plus de 75 ans

Enfin, en stratifiant les données sur l’âge, ce travail montre aussi que les taux de létalité sont globalement plus élevés chez les sujets de plus de 75 ans que chez les patients plus jeunes. Après un AVC hémorragique, ces taux atteignent respectivement de 54 % et de 41 % (ils sont de 21 % et 8 % après un AVC ischémique). Les auteurs observent d’ailleurs que la mortalité plus élevée observée chez les femmes est corrélative à leur âge avancé au moment de l’accident. Dans cette étude, elles sont en effet « quatre à neuf ans plus âgées que les hommes en moyenne ».
Ce travail, qui confirme les observations de la littérature scientifique pour la France et l’Europe, reste toutefois limité car il ne porte que sur les décès survenus dans les 28 jours suivant l’AVC. Or, l’impact de l’accident vasculaire cérébral se poursuit en réalité bien au-delà du premier mois. Pour l’AVC ischémique par exemple, d’autres études ont montré que « 47 % des décès survenaient dans l’année suivant l’accident », concluent les chercheurs. D’où la « nécessité de poursuivre la surveillance au-delà des 28 jours ».

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