Cancer du sein : les véritables facteurs de risque

, par  Delphine Delarue

La Haute Autorité de santé (HAS) a listé tous les facteurs de risque présumés du cancer du sein et a déterminé ceux qui nécessitent un dépistage précoce avant l’âge de 50 ans. C’est notamment le cas des antécédents personnels et familiaux ou des antécédents de radiothérapie thoracique.

Le cancer du sein a tué 11 900 patientes en 2012 et environ 48 800 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Or, repéré à un stade précoce, ce cancer, le plus fréquent et le plus meurtrier chez la femme, peut être guéri dans plus de 90 % des cas. C’est la raison pour laquelle une campagne de dépistage organisé a été initiée dès 1994 en direction des femmes âgées de 50 à 74 ans, celles « qui sont les plus susceptibles, en raison de leur âge, de développer un cancer du sein », rappelle la Haute Autorité de santé (HAS). Mais hormis celles-ci, y en a-t-il d’autres qui nécessiteraient une surveillance particulière ? Pour répondre à cette question, la HAS a, pour la première fois, listé et analysé l’ensemble des soixante-neuf facteurs de risque retrouvés dans la littérature scientifique pour ne retenir que ceux qui sont avérés. Conclusion : seules les femmes ayant déjà subi un cancer du sein, celles qui ont un antécédent d’irradiation thoracique consécutive au traitement de la maladie de Hodgkin, celles dont un membre de la famille proche a été atteint ou celles portant certaines lésions bien spécifiques devraient suivre un dépistage précoce systématique avant l’âge de 50 ans.

Halte aux idées reçues

Ce travail inédit de la HAS permet par ailleurs de « lever les idées reçues sur des situations dites à risque, parfois largement relayées dans les médias, qui peuvent inquiéter inutilement les femmes », précise l’organisme public. Ainsi, la liste de la Haute Autorité détermine également des « facteurs de risque pressentis », en d’autres termes ceux qui ne sont pas scientifiquement associés à la survenue d’un cancer du sein, par exemple la consommation de café, de thé, de tomates ou de pamplemousse, mais aussi le tabagisme ou les prothèses en silicone. Viennent ensuite les facteurs pour lesquels il n’existe pas de preuve « robuste » et significative, comme la taille des seins, leur densité mammaire élevée après la ménopause, le port de soutien-gorge, l’utilisation de déodorant ou encore le travail de nuit. Pour tous ces cas de figure, donc, pas d’inquiétude. Même chose pour les facteurs associés à une augmentation « modeste » ou « modérée » du risque : la consommation d’alcool, de viande grasse, la grossesse tardive ou non menée à terme, la contraception hormonale, le diabète de type 2, l’obésité, les lésions mammaires prolifératives non atypiques ou les lésions non prolifératives. Ici aussi, pas besoin de « réaliser une surveillance spécifique en dehors de la tranche d’âge de participation au programme national de dépistage organisé, c’est-à-dire entre 50 et 74 ans », explique la HAS, en précisant toutefois l’utilité d’un « examen clinique annuel (palpation mammaire) par un professionnel de santé à partir de 25 ans pour toutes les femmes ».

Source
- « Cancer du sein : quel dépistage selon vos facteurs de risque ? », Haute Autorité de santé (HAS), 19 mai 2014.

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