Cancer de la vessie : connaissez-vous les symptômes ?

, par  Isabelle Coston

Le mois de mai étant le mois de sensibilisation au cancer de la vessie, c’est l’occasion de faire le point sur cette maladie, ses facteurs de risque et ses symptômes.

Le cancer de la vessie, bien qu’il touche plus de 13 000 nouvelles personnes et en tue près de 5 000 (principalement des hommes) chaque année en France, reste mal connu. C’est la raison pour laquelle, tout au long du mois de mai, des actions de sensibilisation seront menées pour mieux informer sur ses symptômes et ses facteurs de risque.

Les hommes plus souvent touchés

« Quatrième cancer de l’homme et septième cancer féminin, mais aussi huitième cancer en termes d’incidence (nombre de nouveaux cas par an) en France, le cancer de la vessie est trop souvent oublié et certains facteurs de risques minimisés », constatent les urologues de l’Association française d’urologie (AFU) dans un communiqué publié mercredi 5 mai.
Ces derniers rappellent aussi que plus de 13 000 cas de cancer de la vessie ont été recensés en 2018 dans le pays – dont 81 % chez les hommes –, que c’est le deuxième cancer génito-urinaire le plus fréquent après celui de la prostate, et que l’âge moyen au moment du diagnostic est de 70 ans. Pourtant, si 68 % des Français en ont déjà entendu parler, seulement 28 % d’entre eux déclarent connaître la pathologie, d’après un sondage Opinion Way mené pour l’Alliance Merck-Pfizer et l’association Cancer Vessie France en septembre 2020.

Les signes qui doivent alerter

Or, lorsqu’il est diagnostiqué à temps, le cancer de la vessie est guérissable. « La détection précoce de ces cancers est essentielle afin d’éviter les formes graves qui peuvent mettre en jeu le pronostic vital et nécessitent des traitements lourds », rappelle le professeur Yann Neuzillet, urologue et responsable du Comité vessie de l’AFU. Savoir repérer les symptômes est donc essentiel. Dans 80 % des cas, le premier signe d’alarme est l’hématurie, autrement dit la présence de sang dans les urines. « Elle n’est pas spécifique à ce cancer mais elle doit être considérée comme évocatrice », précise l’AFU, qui ajoute : « Plus rarement, la maladie se manifeste par des signes d’irritation de la vessie en dehors d’une infection urinaire : envies fréquentes ou urgentes d’uriner, brûlures en urinant. » Si vous constatez l’un de ces symptômes, consultez sans attendre votre médecin généraliste afin qu’il vous adresse à un urologue. Pour finir, des douleurs dans le bas du ventre ou d’autres signes plus alarmants (perte de poids, fatigue persistante, douleurs osseuses…) peuvent signaler la propagation du cancer de la vessie (métastases).

Les facteurs de risque

« Tout signe urinaire (hématurie, troubles mictionnels) chez un fumeur ou une personne exposée à des toxiques professionnels doit amener à consulter l’urologue pour un bilan », prévient l’AFU. Le tabagisme constitue en effet le principal facteur de risque, puisque 40 % des cancers de la vessie sont liés au tabac. C’est la raison pour laquelle « la prévention du tabagisme est fondamentale », insiste le professeur Neuzillet. Il existe néanmoins d’autres facteurs de risque beaucoup plus rares : « Une exposition professionnelle à certains agents chimiques, un traitement antérieur par radiothérapie sur les organes du petit bassin, une chimiothérapie à base de cyclophosphamide, l’inflammation vésicale chronique liée à des infections urinaires répétées, une maladie tropicale (la bilharziose) et enfin certaines maladies génétiques », détaille l’AFU.

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