Des substances chimiques problématiques dans les vêtements et les chaussures

, par  Isabelle Coston

Certaines allergies cutanées sont causées par les substances chimiques présentes dans les vêtements et les chaussures que nous portons quotidiennement. Il est donc urgent de faire toute la lumière sur les composants et d’en restreindre l’utilisation.

À l’origine d’allergies, les composés chimiques utilisés dans la fabrication des textiles et chaussures, doivent faire l’objet d’analyses, demande l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans un communiqué.

« On retrouve des dizaines voire des centaines de substances chimiques dans les vêtements et chaussures que nous portons, explique-t-elle. Certaines [d’entre elles], comme les colorants, sont utilisées volontairement au moment de la fabrication. D’autres sont des résidus ou des impuretés, présents en plus ou moins grande concentration, comme les résidus de fabrication du caoutchouc. » Si quelques-uns de ces produits chimiques sont bien connus et encadrés, ce n’est malheureusement pas le cas pour un grand nombre d’autres.

Mieux repérer les substances chimiques dans les textiles

Entre 2016 et 2018, l’Anses a mené une recherche biomédicale consistant à identifier les substances chimiques responsables d’allergies cutanées chez cinquante patients, à la suite d’une suspicion déclarée par un dermato-allergologue. Deux laboratoires confirmaient ensuite la présence de ces substances par des analyses des vêtements ou des chaussures que les patients avaient portés. Cette étude a permis à l’agence d’identifier plus de mille substances au total, ce qui était impossible pour les dermatologues. En effet, lorsqu’une personne développe une rougeur et/ou un gonflement de la peau après avoir porté pendant plusieurs heures ou plusieurs jours certains vêtements, on peut supposer qu’il est allergique à l’un des composants mais il est impossible de savoir lequel et donc de cerner l’origine du problème.

Protéger les consommateurs

L’Anses demande de légiférer, au niveau européen, sur toutes ces substances qu’elle a identifiées au cours de l’étude afin de renforcer la protection des consommateurs. Aujourd’hui, la réglementation européenne n’encadre que douze substances chimiques ou familles de substances connues pour être des allergisants cutanés, à l’image du chrome VI ou du nickel. Elle recommande également de :
- limiter la présence de substances dont le potentiel allergisant était connu mais pour lesquelles aucune réglementation ne s’appliquait ;
- interdire la présence de tous les colorants dits « dispersés » qui servent notamment à la coloration des fibres synthétiques ;
- abaisser les seuils réglementaires du nickel et du chrome VI qui n’étaient pas suffisamment protecteurs puisqu’ils continuaient à causer des allergies.
Un dernier conseil : avant de les porter pour la première fois, pensez à bien laver tout vêtement susceptible d’entrer en contact avec la peau. Suivez pour cela les recommandations de lavage préconisées par le fabricant.

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