Des téléconsultations d’ophtalmologie bientôt remboursées

, par  Isabelle Coston

En vue de pallier des délais d’attente souvent trop longs et de trouver un remède à la pénurie d’ophtalmologues, l’Assurance maladie va prochainement tester le remboursement de téléconsultations d’ophtalmologues.

L’Assurance maladie va expérimenter pendant un an, à compter de février 2020, le remboursement de téléconsultations d’ophtalmologie dans la région Hauts-de-France, annonce le journal Le Parisien, dans son édition du 11 décembre. Elle va s’appuyer pour cela sur Point Vision, un réseau national de centres d’ophtalmologie créé en 2011, dont la principale mission est d’offrir la possibilité de prendre rendez-vous rapidement avec un ophtalmologue.

L’accès dans un délai raisonnable à un ophtalmologue devient de plus en plus compliqué. Le délai moyen entre la prise de rendez-vous et le rendez-vous lui-même chez l’un de ces spécialistes peut être vraiment très long. Selon un sondage Ifop mené en octobre dernier pour le Rassemblement des opticiens de France (ROF) — le principal syndicat de la profession —, le délai moyen d’attente en France métropolitaine est de 80,6 jours (de 43,7 jours dans l’agglomération parisienne à 118,3 jours dans la région Centre Val de Loire). Il s’allonge même à 94,6 jours lorsqu’il s’agit d’une consultation pour un enfant. Avec un délai d’attente de 80,8 jours en moyenne, la région Hauts-de-France figure parmi les plus touchées par la désertification médicale.

Enrayer la pénurie d’ophtalmologues

La Caisse nationale d’assurance maladie espère avec cet accord trouver une solution au manque d’ophtalmologues, qui risque encore de s’aggraver avec le départ en retraite, au cours des dix prochaines années, d’environ 2 500 de ces spécialistes. Elle prendra donc intégralement en charge ces consultations à distance. Si l’opération donne de bons résultats, toutes les téléconsultations en ophtalmologie pourraient être remboursées d’ici à 2022. Un local va être spécialement équipé pour cela. Un orthoptiste y sera présent pour faire passer des examens de vision classiques, puis les télétransmettra à l’un des ophtalmologues du centre. « Le patient pourra repartir avec une ordonnance pour des lunettes, par exemple », souligne Point Vision. En cas de problème, un rendez-vous avec un ophtalmo sera automatiquement proposé. De même, si une intervention chirurgicale pour une pathologie spécifique (cataracte, décollement de la rétine, glaucome, etc.), s’avère nécessaire, celle-ci pourra être effectuée dans le centre de proximité.

Délégation de tâches

Pour réduire considérablement les délais d’attente, Point Vision a bâti son modèle sur « une rationalisation extrême des tâches ». Ces dernières se répartissent entre trois acteurs : « D’abord, une secrétaire médicale, qui concentre le travail administratif et le paiement, explique Le Parisien. Ensuite, un orthoptiste qui, par délégation de tâches autorisée depuis décembre 2016, se charge de dépister, rééduquer, et réadapter les troubles de la vision. Et enfin, l’ophtalmologue qui se concentre donc en totalité sur la recherche approfondie de pathologies et le soin. » Les patients choisissent les créneaux de rendez-vous directement sur Internet. L’entreprise, qui compte déjà 35 centres médico-chirurgicaux répartis sur tout le territoire, prévoit encore de se développer. Une organisation qui semble porter ses fruits puisque Point Vision affirme avoir ainsi considérablement réduit les délais d’attente. Dans son centre parisien, par exemple, qui accueille 300 patients par jour, six jours sur sept, les délais sont tombés à deux jours pour des consultations simples.

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