Diabète : une prise en charge à revoir ?

, par  Delphine Delarue

Malgré les sommes croissantes consacrées par l’Assurance maladie aux patients diabétiques, 20 % d’entre eux déclarent renoncer à des soins pour des raisons financières. Par ailleurs, les complications et les hospitalisations liées à cette maladie demeurent toujours aussi fréquentes.

Parmi les patients diabétiques, 20 % déclarent avoir déjà renoncé à des soins pour des raisons financières, selon une étude réalisée en 2007 et reprise, à l’occasion de la Journée mondiale du diabète, dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut national de veille sanitaire (INVS). Un chiffre étonnant, surtout quand on sait que le diabète (qu’il soit de type 1 ou 2) fait partie de la liste des trente affections de longue durée (ALD) théoriquement prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Seulement, dans la pratique, le remboursement total des consultations et des soins liés à cette maladie est loin d’être effectif. Parmi les prestations non remboursées dans le cadre de l’ALD figurent par exemple les consultations de diététicien ou de psychologue, la pédicure, les soins dentaires et l’équipement en semelles orthopédiques. D’après l’étude, tous types de diabète confondus, le reste à charge moyen des patients interrogés, dont 90 % bénéficiaient de l’ALD, s’élevait en 2007 à 660 euros. Face à une telle somme, les populations les plus défavorisées se retrouvent pénalisées, et ce sont justement elles que l’on retrouve ensuite le plus souvent à l’hôpital pour des séjours longs liés aux complications de la maladie (plaies graves du pied, complications coronariennes).

15 milliards d’euros en 2013

En 2007, l’Assurance maladie a consacré 12,5 milliards d’euros aux patients diabétiques. Cette année, le chiffre devrait atteindre les 15 millions d’euros. « Malgré ces sommes croissantes […], les résultats sont décevants », constate le professeur André Grimaldi, diabétologue à la Pitié-Salpêtrière, dans l’éditorial du BHE. En effet, l’état de santé de la population diabétique ne s’améliore pas. Selon l’étude, l’équilibre glycémique des diabétiques de type 1 et de type 2 reste insuffisant et les complications (cardiopathies ischémiques, amputations, accidents vasculaires cérébraux, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale chronique) demeurent fréquentes. « En conséquence, les hospitalisations sont toujours aussi nombreuses, précise le professeur. Environ un tiers des patients diabétiques sont hospitalisés chaque année. » De piètres résultats qui pourraient, selon le professeur, être améliorés sans que cela coûte plus cher à l’Assurance maladie. Il s’agirait notamment de faire une meilleure place à la prévention en considérant la maladie de manière globale, par exemple en évitant les hospitalisations inutiles pour bilan ou en améliorant le contenu du panier de soins pris en charge à 100 %. Plusieurs études ont en effet démontré que, en matière de maladies chroniques, la gratuité des soins améliore l’observance des traitements.
Autre idée avancée : mettre en place une éducation thérapeutique ambulatoire adaptée aux besoins réels des patients. Ce type de démarche, déjà entrepris par l’Assurance maladie avec son programme Sophia, semble porter ses fruits : créé en 2008, le dispositif accompagne aujourd’hui 460 000 diabétiques en les aidant à mieux connaître leur maladie, à adapter leurs habitudes et à prévenir les risques de complications.

Source
- « Diabète : est-il possible de faire mieux sans dépenser plus ? », Bulletin épidémiologie hebdomadaire (BEH) de l’Institut national de veille sanitaire (INVS), n° 37-38, 12 novembre 2013.

Les associations espèrent le label Grande cause nationale pour 2014
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