Greffe cardiaque : pourra-t-on un jour pallier la pénurie de greffons ?

, par  Isabelle Coston

Les personnes en attente d’un cœur, pour qui la greffe représente la seule possibilité de rester en vie, placent beaucoup d’espoir sur les essais cliniques du cœur artificiel de Carmat, qui n’en sont qu’à leurs débuts.

Le premier patient, âgé de 76 ans, greffé d’un cœur artificiel Carmat en décembre 2013 à Paris est décédé soixante-quatorze jours après la pose de la prothèse. La deuxième tentative, en août 2014, sur un homme de 69 ans, s’est elle aussi soldée par le décès du patient, au bout de neuf mois. Selon le groupe Carmat, « les premières données de la prothèse montrent que son fonctionnement s’est dégradé du fait d’un défaut de pilotage des moteurs conduisant à une diminution du volume de sang éjecté dans l’organisme »*. Cette nouvelle tombe alors qu’un cœur artificiel a été implanté avec succès, début avril, sur un troisième malade. « D’autres implantations pourraient avoir lieu rapidement », a déclaré Daniel Duveau, le professeur nantais qui avait opéré le deuxième patient et a participé à l’intervention du troisième. Deux phases d’essais cliniques sont en effet prévues. La première prévoit quatre implantations, afin de « tester la sécurité de la prothèse » et d’évaluer « la survie des malades ». La seconde verra l’implantation d’une vingtaine de patients, afin d’examiner « des aspects plus qualitatifs d’efficacité », de « qualité de vie » ou encore de « confort du patient », selon Carmat.

Cœur artificiel définitif : une alternative à la greffe classique

Le cœur est l’organe le plus transplanté chaque année en France (410 greffes en 2013), après le rein (3 069) et le foie (1 239), selon l’Agence de biomédecine. Mais aujourd’hui, près d’un prélèvement possible sur trois est refusé. Le cœur artificiel définitif permettrait de pallier le manque de greffons disponibles et d’éviter ainsi que des insuffisants cardiaques en phase terminale décèdent faute de don d’organes. Pour le moment, les cœurs artificiels implantés chez les patients sont des dispositifs transitoires, dont la seule fonction est de permettre d’attendre la transplantation d’un greffon. Le cœur Carmat constitue une réelle innovation dans le domaine de la chirurgie cardio-vasculaire, car il a été conçu pour durer plusieurs années, ce que vérifient les essais cliniques.

Prélèvements d’organes à cœur arrêté

La vie des patients en insuffisance cardiaque terminale chronique ou aiguë dépend, aujourd’hui, de la disponibilité de greffons. Or, ces derniers sont prélevés sur des patients en état de mort cérébrale, une condition qui limite le nombre de donneurs potentiels. Des transplantations réussies d’un cœur arrêté et prélevé sur des personnes mortes d’un arrêt cardiaque, d’abord en Australie, en octobre 2014, et plus récemment au Royaume-Uni, en mars 2015, apportent également beaucoup d’espoir.

* « Premiers éléments d’analyse du cœur Carmat implanté chez le deuxième patient », communiqué, Carmat, 5 mai 2015.

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