Herpès labial : un virus présent pour la vie

, par  Aliisa Waltari

Très fréquent, l’herpès labial, ou bouton de fièvre, ne se guérit pas. Le virus s’installe dans les ganglions nerveux et se réveille lors de poussées, qui peuvent être, selon les cas, plus ou moins fréquentes et douloureuses. Heureusement, des traitements antiviraux par voie locale ou orale limitent les récidives, leur durée et leur agressivité.

En France, le virus de l’herpès labial (HSV-1) concernerait 40 à 65 % de la population. Il se traduit le plus souvent par une affection cutanée récidivante au niveau des lèvres, de la périphérie de la bouche ou des narines. « La primo-infection a souvent lieu pendant l’enfance et passe la plupart du temps inaperçue, explique le docteur Françoise Ramel, dermatologue à Sèvres (92) et membre du comité scientifique de l’association Herpès. Mais dans 10 % des cas environ, elle se manifeste violemment par une gingivo-stomatite : la bouche, les muqueuses, les gencives ou la langue peuvent être atteintes. L’enfant peut alors faire de la fièvre et cesser de boire et de s’alimenter à cause de la douleur. Une hospitalisation sera parfois nécessaire. » Ce premier épisode se traite généralement par des antiviraux, auxquels sont associés des antibiotiques en cas de surinfection.

Stress, fatigue, exposition au soleil

Une fois entré dans l’organisme, le virus y reste pour la vie. Il suit le chemin d’un nerf, se loge dans le ganglion le plus proche et s’y endort. Réactivé par le stress, une fatigue ou une exposition au soleil, le HSV-1 emprunte alors le parcours inverse et ressort sous la forme d’un bouton de fièvre, généralement au même endroit. Les poussées se traduisent par l’apparition de vésicules en bouquet chargées de virus. Lorsque celles-ci se rompent, elles laissent place à une croûte, qui disparaît en quelques jours sans cicatrice. Chaque épisode dure entre six et dix jours. Il faut également savoir que le virus reste parfois en sommeil toute la vie : « Le porteur sain ne fera jamais de bouton de fièvre, ce qui ne l’empêchera pas de contaminer d’autres personnes, notamment par la salive ou les sécrétions nasales, lors d’épisodes d’excrétions asymptomatiques, précise le docteur Ramel. Tout est possible en matière d’herpès, cela dépend de l’agressivité du virus et de la qualité du système immunitaire. »

Contagion par simple contact

« C’est au moment des poussées que la personne est la plus contagieuse, en particulier lorsque les vésicules sont présentes, mais la contagiosité commence dès les signes avant-coureurs, c’est-à-dire quand on ressent des picotements ou des brûlures à l’endroit où le bouton va apparaître. » Jusqu’à la cicatrisation, un simple contact comme un baiser sur la joue peut donc transmettre le virus. Pour prévenir cela, il faut se laver les mains après avoir touché la lésion, éviter d’embrasser ses proches (en particulier les nourrissons de moins de 1 mois, très sensibles au virus) et ne pas échanger son linge de toilette. De même, abstenez-vous de gratter le bouton, pour ne pas provoquer de surinfection, ou de vous frotter les yeux, car le HSV-1 risque de s’y installer, et les conséquences peuvent dans ce cas être bien plus graves (kératite ophtalmique). « Le HSV-1 se propage aussi à l’occasion de rapport oraux-génitaux, ajoute le docteur Ramel. Le virus présent sur les lèvres peut très bien passer sur les parties génitales du partenaire. »

Traiter pour soulager les poussées

La plupart du temps, un simple traitement local à base de crème antivirale (aciclovir : Activir, Herpevir…) suffit à calmer la poussée, permettant de diminuer la durée de la contagion et l’intensité de l’épisode d’herpès, mais n’empêchant pas les récidives. La crème doit être appliquée dès les premiers signes pour être vraiment efficace. Les médecins conseillent aussi de ne pas toucher les croûtes et de ne surtout pas les arracher : cela retarde la cicatrisation.
Dans certains cas sévères, quand il y a au moins six poussées d’herpès par an, le médecin pourra prescrire un traitement oral (aciclovir, valaciclovir) sur plusieurs mois pour espacer les récidives. Un véritable soulagement pour les malades, qui vivent mal les épisodes rapprochés, souvent très agressifs, particulièrement douloureux et inesthétiques.

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