L’HAD, une alternative à l’hospitalisation traditionnelle

, par  Delphine Delarue

Encore peu répandue en France, l’hospitalisation à domicile (HAD) permet au patient de bénéficier de la même qualité de soins et de sécurité qu’à l’hôpital tout en profitant du confort de son foyer. Une prise en charge appelée à se développer, notamment en raison du vieillissement de la population et des économies qu’elle permet de réaliser.

« Une infirmière passe me voir tous les jours pour les soins, et le reste du temps, je suis libre de faire ce que je veux ! » Comme plus de 106 000 personnes par an en France, M. Mornay, 90 ans, est hospitalisé à domicile. Une prise en charge encore peu répandue, qui évite ou raccourcit le séjour hospitalier avec hébergement, l’idée étant de permettre au malade de bénéficier de la même qualité de soins, de suivi et de sécurité qu’à l’hôpital tout en profitant du confort et des repères de son foyer. « Etre à la maison, c’est un vrai bonheur, et du coup, le moral est bon, ajoute le vieil homme, qui souffre d’une lésion nécessitant la pose quasi quotidienne de pansements complexes. Ma compagne est près de moi, elle n’est pas obligée de se déplacer pour venir me voir. Je ne m’imaginais pas du tout dans une chambre, seul ou avec une personne que je ne connais pas, à attendre toute la journée. »
Garantie par le législateur, l’hospitalisation à domicile (HAD) permet au patient, surtout s’il est âgé, de conserver ses habitudes et son autonomie. « Une disposition de la loi de modernisation de santé réaffirme le droit de toute personne d’être informée par les professionnels de santé de la possibilité d’être prise en charge à son domicile dès lors que son état de santé le permet », précise Eric Ginesy, délégué national de la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad).

Des indications précises

Quel que soit leur âge, tous les patients atteints d’une maladie grave, aiguë ou chronique peuvent bénéficier de l’hospitalisation à domicile, qu’ils soient chez eux, en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou en établissement médico-social. Pour être éligible, ces malades ne doivent plus nécessiter de surveillance médicale continue ni avoir besoin d’un accès permanent au plateau technique de l’hôpital. Leur état doit, en outre, répondre aux indications spécifiques de l’HAD. Celles-ci induisent toujours la réalisation d’actes fréquents et complexes, comme c’est le cas pour les plaies complexes ou les soins palliatifs. « Ces deux indications représentent la moitié de notre activité, souligne Eric Ginesy, mais il y en a beaucoup d’autres, par exemple certaines chimiothérapies, les sorties précoces de chirurgie, les suites de couches pathologiques, le post-AVC ou encore les traitements intraveineux avec des médicaments délivrés uniquement à l’hôpital. »
C’est généralement le médecin hospitalier qui prescrit l’HAD (mais cela peut être aussi le généraliste). Des professionnels se rendent ensuite au domicile du patient pour évaluer son état de santé et vérifier que ce type de prise en charge est compatible avec la configuration de l’habitat. Puis, le médecin prescripteur et le médecin coordonnateur de l’HAD définissent et mettent en place le protocole thérapeutique. Enfin, après accord du médecin traitant, qui demeure le référent de la prise en charge médicale, les soins peuvent commencer dans les mêmes conditions qu’à l’hôpital : vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, avec une prise en charge assurée à 100% par l’Assurance maladie et la complémentaire santé.

Intérêt médico-économique

Appelée à se généraliser notamment en raison du vieillissement de la population, l’HAD répond aussi à un intérêt médico-économique certain, puisqu’elle coûte trois à quatre fois moins cher qu’une hospitalisation classique. L’hospitalisation à domicile offre aussi une place grandissante à la télémédecine, un mode d’exercice fréquemment évoqué comme solution à la désertification médicale. « De nombreux établissements d’HAD s’équipent de tablettes, explique Eric Ginesy. On les utilise notamment pour le suivi des plaies. L’infirmière peut prendre des photos et les transmettre au médecin pour qu’il évalue l’évolution de la plaie sans avoir à se déplacer. »
L’HAD a donc de beaux jours devant elle et le gouvernement compte bien encourager son développement. Selon des directives de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, la part de l’HAD dans la totalité des hospitalisations en France devrait doubler, passant de 0,6 % (en 2011) à 1,2 % en 2018 (lire aussi L’HAD en chiffres : perspectives et développement).

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