Mal des transports : deux médicaments retirés de la vente en libre accès

, par  Delphine Delarue

Les spécialités Mercalm et Nausicalm, indiquées contre le mal des transports, passent derrière le comptoir du pharmacien. Une décision de l’Agence du médicament (ANSM) qui fait suite aux cas de mésusage constatés par le réseau des Centres d’évaluation et d’information sur la phamacodépendance (CEIP).

Vous souffrez du mal de mer, de nausées passagères en voiture ou de haut-le-cœur en avion ? Désormais, vous ne pourrez plus vous procurer les traditionnels remèdes contre le mal des transports en libre accès à la pharmacie. Sur décision de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les spécialités Mercalm et Nausicalm (diménhydrinate) ont été radiées de la liste des produits de médication officinale, ce qui veut dire que le pharmacien a maintenant l’obligation de les placer derrière son comptoir. Ces produits restent toutefois non soumis à prescription médicale obligatoire : pas besoin, donc, de présenter une ordonnance pour les acheter. Vous devrez juste les demander au pharmacien au lieu de vous servir directement dans les rayons de l’officine. Cette restriction, qui existait déjà pour le Nautamine (diphénhydramine), un autre médicament indiqué contre le mal des transports, a pour but de limiter les usages détournés à des fins récréatives observés chez les jeunes dans une enquête menée en 2014 par le Centre d’évaluation et d’information sur la phamacodépendance (CEIP) de Poitiers. Un mésusage que l’on retrouve aussi chez des patients souffrant de troubles psychotiques ou ayant des antécédents d’abus ou de dépendance aux médicaments.

59 incidents observés entre 2003 et 2014

« Des cas de syndromes de sevrage, de syndromes atropiniques, de troubles neurologiques (troubles de la mémoire, hallucinations, agitation, tremblements) et cardiaques (tachycardie, douleur thoracique), ayant parfois entraîné une hospitalisation, ont été rapportés dans ces contextes d’usage », indique l’ANSM dans une note d’information. Dans le détail, entre 2003 et 2014, 59 incidents ont été notifiés au réseau des CEIP, parmi lesquels un décès, « de cause inconnue, d’un homme ayant une consommation abusive de Mercalm » et des cas de « soumission chimique dans un contexte d’agression sexuelle ». L’ANSM demande donc aux professionnels de santé d’être « particulièrement vigilants face à toute demande qui semblerait suspecte et émanant en particulier d’adolescents et de jeunes adultes ».

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