Non, le burn-out n’est pas considéré comme une maladie par l’OMS

, par  Delphine Delarue

Contrairement à ce qu’ont annoncé par erreur la plupart de médias en début de semaine, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne vient pas de reconnaître le burn-out comme étant une véritable pathologie. Pour elle, il s’agit plutôt d’un « phénomène lié au travail ».

En annonçant le 27 mai que le burn-out avait fait son entrée dans la onzième révision du classement international des maladies (CIM-11), une liste officielle dressée à partir des conclusions d’experts internationaux de la santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a induit la plupart des médias en erreur. Ces derniers ont conclu et annoncé que le burn-out, ou épuisement professionnel, était désormais reconnu comme pathologie à part entière alors que l’OMS le considère simplement comme un « phénomène lié au travail ». C’est ce qu’a précisé, le lendemain, un porte-parole de l’organisation mondiale. Et l’OMS d’ajouter, dans une note aux médias, que le burn-out était en réalité déjà dans la précédente révision du CIM mais comme « facteur influençant l’état de santé ».

Définition modifiée

Or, qualifier le burn-out de phénomène lié au travail « signifie précisément (qu’il) n’est pas conceptualisé comme une condition médicale », a expliqué le porte-parole. En revanche, la définition du syndrome a, elle, bien été modifiée « à la lumière des recherches actuelles ». L’épuisement professionnel est décrit comme un problème « associé » à l’emploi ou au chômage « résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré correctement » et qui se manifeste par « un sentiment d’épuisement », « une distance mentale accrue avec le travail ou des sentiments de négativité ou de cynisme liés au travail » et une « efficacité professionnelle diminuée ». L’OMS précise aussi que le burn-out ne concerne que des événements relatifs au contexte professionnel et qu’il ne peut servir à décrire des situations dans d’autres domaines de la vie.

L’addiction aux jeux vidéo intégrée aux troubles de la dépendance

Malgré les protestations de l’industrie vidéoludique, l’OMS a en outre validé l’ajout de l’addiction aux jeux vidéo à la section consacrée aux troubles de la dépendance. D’après les experts, pour être reconnue comme telle, cette addiction doit être «  suffisamment sévère pour entraîner une altération significative du fonctionnement personnel, familial, social, éducatif, professionnel ou autre, et doit avoir été évident pendant au moins douze mois ». L’Entertainment software association (ESA), qui soutient les producteurs de jeux vidéo et de consoles aux Etats-unis, a appelé l’OMS à revoir son jugement dénonçant l’absence de preuves formelles.
Enfin, également à souligner : la CIM-11 comprend de nouveaux chapitres dont un consacré à la santé sexuelle. Celui-ci intègre notamment le transsexualisme, considéré désormais comme une « incongruence de genre » et non plus classé parmi les troubles mentaux.

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