Réalité virtuelle : une technologie à éviter pour les personnes épileptiques ou sensibles

, par  Léa Vandeputte

L’Anses a listé les effets indésirables liés à l’utilisation de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée. Elle recommande aux épileptiques, aux femmes enceintes ou encore aux migraineux de ne pas y avoir recours.

Employées pour traiter les phobies, faire visiter un appartement en construction ou dans les jeux vidéo, la réalité virtuelle (RV) – immersion totale dans un monde virtuel – et la réalité augmentée (RA) – projection d’éléments fictifs dans l’environnement réel – ont conquis de nombreux domaines. Dans un rapport publié le 24 juin, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a étudié l’impact de l’exposition à ces technologies sur la santé.

Peu de données disponibles

L’agence s’est heurtée à une difficulté : le manque de données sur le sujet. Les experts ont donc basé leur réflexion sur les résultats d’un sondage que l’institution avait elle-même réalisé en 2019. On y apprenait que la durée moyenne d’une séance de RV ou de RA est supérieure à une heure et que les utilisateurs sont plus souvent de sexe masculin (57 % chez les adultes et 55 % chez les enfants). Les supports les plus fréquemment utilisés sont les smartphones pour les adultes et les consoles de jeux pour les enfants. L’ordinateur, les visiocasques ou les écrans sont plus employés dans le cadre professionnel.

Des effets temporaires

Plusieurs effets sanitaires « réversibles et limités » associés à cette pratique ont été relevés. Les symptômes tels que des nausées, des vertiges, des sueurs, une pâleur ou des pertes d’équilibre – appelés la cybercinétose – sont les plus courants. Ils sont liés à une perturbation du système sensoriel lors de l’utilisation. Celle-ci peut perdurer après la séance et entraîner une altération temporaire de la motricité ou de la capacité à s’orienter. « Les dispositifs de RA/RV utilisent des écrans à LED potentiellement riches en lumière bleue qui, lorsqu’ils sont visionnés en soirée ou la nuit, peuvent perturber notre rythme biologique (retard à l’endormissement, perturbation du sommeil…) », ajoute Dina Attia, coordinatrice scientifique à l’Anses. Enfin, le clignotement de la lumière LED peut aussi être le déclencheur de crises d’épilepsie « chez les personnes qui présentent un terrain favorable », précise le rapport.

Informer les plus à risque

Pour limiter la survenue de ces effets et protéger les plus sensibles, l’Anses a établi une liste de règles de bonne pratique. Elle préconise ainsi d’arrêter d’utiliser ces dispositifs dès l’apparition de symptômes et d’observer, dans tous les cas, une pause après l’utilisation. « Le corps fournit un effort important pour s’adapter au monde virtuel avec lequel il interagit, ce qui peut occasionner une certaine fatigue, explique Dina Attia. Il est donc important de prévoir un temps de repos d’une heure ou deux avant de reprendre une activité nécessitant une forte concentration, comme la conduite de sa voiture. » L’agence ajoute qu’il faut éviter toute exposition deux heures avant le coucher, « en particulier pour les enfants et les adolescents, plus sensibles à la lumière bleue ». Enfin, elle recommande aux personnes sensibles (personnes épileptiques, souffrant du mal des transports, présentant des troubles de l’équilibre, sujettes aux migraines, femmes enceintes…) de ne pas utiliser la RV ou la RA. Pour finir, elle insiste sur l’importance d’informer les utilisateurs « des potentiels effets sur la santé et des bonnes pratiques d’utilisation ».

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