Un fonds pour lutter contre les addictions

, par  Léa Vandeputte

120 millions d’euros ont été alloués au nouveau fonds de lutte contre les addictions liées aux substances psychoactives. Celui-ci permettra de financer des actions de santé publique pour diminuer la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis notamment.

Les modalités de lancement du fonds de lutte contre les addictions, créé par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) du 28 décembre 2018, ont été publiées au Journal Officiel ce mardi 6 août. La ministre des Solidarité et de la Santé, Agnès Buzyn, s’est félicitée de cette mise en place dans un communiqué. Ce fonds « permet aujourd’hui de renforcer et de poursuivre des programmes dédiés à la lutte contre le tabac et de déployer des actions de santé publique portant également sur les autres addictions, notamment l’alcool et le cannabis », a-t-elle indiqué.

De nouvelles actions

Pour cette année 2019, 120 millions d’euros vont être débloqués. Ce budget, qui sera géré par l’Assurance maladie, se répartit de la manière suivante : « plus de 46 millions investis dans l’aide à l’arrêt du tabac ; 32 millions pour soutenir des projets en régions ; près de 18 millions pour les projets nationaux de la société civile ; plus de 13 millions investis dans la recherche ; 11 millions pour la mise en place de nouvelles campagnes de marketing social ». Concernant les actions portées par la société civile, la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam) a lancé, au mois de juin, un appel à projet. Les associations de patients, d’usagers ou de consommateurs, les sociétés savantes ou de professionnels de santé par exemple, ont jusqu’au 16 septembre pour faire part de leurs idées pour :

  • « améliorer l’information et la compréhension, notamment de la population générale ou de publics spécifiques, des élus et des relais d’opinion, sur l’impact et les dangers de la consommation des substances psychoactives (en particulier le tabac, l’alcool et le cannabis) et sur les bénéfices liés à l’arrêt ou à la réduction des consommations ;
  • déconstruire les stratégies commerciales et marketing des industries du tabac, de l’alcool et/ou du cannabis ;
  • favoriser la débanalisation du tabac, de l’alcool et du cannabis dans la société, notamment chez les jeunes ;
  • favoriser l’implication des usagers ou anciens usagers eux-mêmes (jeunes, pairs aidants ou patients experts, femmes enceintes, etc.) notamment dans les projets d’arrêt, de réduction des risques et/ou de plaidoyer ;
  • permettre d’outiller et de soutenir les pratiques des professionnels de santé et du secteur socio-éducatif en matière de prévention des consommations à risque de substances psychoactives ou de réduction des risques ».

Une question de santé publique

Les addictions constituent, en effet, un problème majeur de santé publique et concernent un grand nombre de Français. « Chaque année en France le tabac tue 75 000 personnes, l’alcool 41 000 personnes et les drogues illicites 1600 », rappelle le ministère de la Santé, avant de préciser : « Le tabac et l’alcool sont les premiers facteurs de risque de mortalité évitable ». « Aujourd’hui 11,5 millions de Français fument quotidiennement, 10,6 millions ont une consommation d’alcool au-delà des nouveaux repères de consommation à moindre risque », ajoute-t-il. Pour rappel, Santé publique France et l’Institut national du cancer (Inca) ont fixé en début d’année de nouvelles recommandations au sujet des boissons alcoolisées : maximum 10 verres par semaine, maximum 2 verres par jour et des jours sans consommation.

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS