Une femme sur trois n’a pas consulté de gynécologue depuis 3 ans

, par  Delphine Delarue

Selon une étude récente menée par Harris Interactive pour Medicine4i, les délais d’attente pour décrocher un rendez-vous de gynécologie médicale sont de plus en plus important, en particulier dans l’ouest et le centre de la France.

Comme pour la plupart des spécialistes, les délais d’attente pour décrocher un rendez-vous de gynécologie s’allongent et certaines femmes ne peuvent même plus prendre rendez-vous dans leur département faute de spécialiste disponible. Résultat : aujourd’hui en moyenne, une femme sur trois n’a pas eu de consultation de gynécologie au cours des trois dernières années et une femme sur quatre attend cinq mois ou plus avant de voir un gynécologue. C’est ce que révèle une étude menée auprès de 4 000 personnes par Harris Interactive pour Médicine4i. Ce phénomène particulièrement inquiétant s’explique par la pénurie de gynécologues médicaux qui sévit depuis plusieurs années. Rappelons qu’en 1987, cette filière médicale avait été supprimée par les pouvoirs publics pour des raisons économiques avant d’être rétablie en 2003 suite au vif mécontentement des médecins et des patientes. Pendant près de seize ans, aucun gynécologue n’a donc été formé et les conséquences s’en ressentent ces dernières années avec les départs à la retraite des derniers diplômés de la fin des années 1980. Dans le détail, le nombre de gynécologues médicaux a chuté de 42 % en dix ans.
Disparités géographiques
L’enquête Harris Interactive met également l’accent sur des disparités géographiques importantes en matière de délais d’attente : s’il faut compter 33 jours d’attente en moyenne pour obtenir un rendez-vous dans la zone Paris-Hauts-de-Seine, les patientes doivent attendre 73 jours dans le Grand Ouest. Dans le Centre Val-de-Loire, les délais atteignent même 84 jours. Toujours dans cette région, la moitié des femmes de plus de 50 ans n’ont pas consulté de gynécologue durant les trois dernières années. Ce record concerne aussi les 15-49 ans, dont 34,8 % sont restées sans consultation de gynécologie pendant plusieurs années (soit quatre points au-dessus de la moyenne nationale). Or, l’on sait bien que le suivi gynécologique régulier reste la méthode la plus efficace pour la détection des cancers précoces du sein et de l’utérus. Pour remédier à la situation, la région réfléchit notamment à la mise en place de consultations de télémédecine.

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