Vers la fin des métiers interdits aux diabétiques ?

, par  Léa Vandeputte

Les malades chroniques, et notamment les personnes qui souffrent de diabète, ne sont pas autorisés à exercer certaines professions en France. Pour mettre fin à cette discrimination, une proposition de loi, adoptée par l’Assemblée nationale, vise à garantir un accès égalitaire au marché du travail.

La date du jeudi 30 janvier est celle d’un premier pas vers l’égalité pour les personnes diabétiques en France. L’Assemblée nationale a en effet adopté, à l’unanimité et en première lecture, une proposition de loi portée par la députée de l’Union des démocrates et indépendant (UDI), Agnès Firmin Le Bodo, « visant à améliorer l’accès à certaines professions des personnes atteintes de maladies chroniques ». Les métiers de conducteur de train, de sapeur-pompier, de policier, de capitaine de navire, de pilote de ligne ou encore d’hôtesse de l’air ne leur seront plus inaccessibles.

La maladie n’est plus un motif systématique de refus

Initialement dédié aux seuls diabétiques, le texte a été amendé pour prendre en compte la situation de toutes les personnes touchées par une maladie chronique. L’article 2 prévoit ainsi que : « Nul ne peut être écarté d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation au seul motif qu’il serait atteint d’une maladie chronique, notamment de diabète ». Les différentes situations devront être étudiées au cas par cas « à la suite d’un examen ou d’un avis médical, prévues par voie législative ou réglementaire, justifiées par les fonctions auxquelles la personne concernée prétend ». De son côté, la Fédération française des diabétiques (FFD) salue « une avancée historique qui se concrétise un peu plus chaque jour » et « remercie par ailleurs l’ensemble des groupes politiques, qui unanimement ont apporté leur soutien à la proposition de loi et à toutes les personnes victimes de discriminations ». « Nos espoirs se tournent désormais vers le Sénat qui devrait débattre de cette proposition dans les mois à venir », conclut-elle.

Un texte inspiré du combat d’un jeune diabétique

La proposition de loi a été rédigée suite à une rencontre entre Agnès Firmin Le Bodo, députée de Seine-Maritime, et Hakaroa Vallée, un jeune homme diabétique qui milite pour la fin des discriminations. Tous deux sont partis d’un constat simple : grâce aux progrès de la médecine, un malade chronique peut désormais contrôler sa pathologie et un suivi régulier peut lui permettre d’exercer la profession de son choix. « Avec les capteurs de glycémie ou les pompes à insuline, on arrive beaucoup mieux à se gérer, confirme Hakaroa Vallée dans un reportage diffusé sur France 24. Notre glycémie est presque parfaite et donc pourquoi nous interdire de faire ces métiers ? » Avec ce premier vote du Parlement, son combat est désormais sur le point d’aboutir.

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