VIH : avec les trithérapies, l’espérance de vie des patients a augmenté de dix ans

, par  Delphine Delarue

D’après une étude publiée dans la revue « The Lancet HIV », les trithérapies ont permis aux personnes séropositives de gagner environ une dizaine d’années d’espérance de vie depuis 1996.

Grâce aux trithérapies, l’espérance de vie des malades atteints par le VIH a augmenté de dix ans depuis 1996 en Europe et en Amérique du Nord. C’est ce que révèle une étude publiée le 10 mai dans la revue britannique The Lancet HIV . Utilisées depuis une vingtaine d’années, les combinaisons d’antirétroviraux, ou trithérapies, associent au moins trois substances pour empêcher le virus de se reproduire au sein de l’organisme et préserver ainsi le système immunitaire. Ces traitements ont beaucoup évolué et permettent désormais aux personnes séropositives de vivre quasiment normalement, ce qui renforce aussi leur adhésion aux protocoles et améliore la prise en charge. Les plus récents de ces médicaments « ont moins d’effets secondaires » et « obligent à prendre un nombre moins élevé de cachets (souvent un seul comprimé par jour, NDLR) », précise Adam Trickey, l’un des auteurs de l’étude. Ces produits ont aussi l’avantage de présenter moins de risques d’interaction avec d’autres médicaments.

De meilleurs résultats depuis 2008

D’après les chercheurs, un patient de 20 ans qui a commencé son traitement à partir de 2008 et qui n’est pas décédé durant la première année peut espérer vivre jusqu’à l’âge de 73 ans si c’est un homme et 76 ans si c’est une femme, soit quelques années seulement de moins que le reste de la population (en France, l’espérance de vie atteint 78,9 ans chez les hommes et 85 ans chez les femmes). La comparaison des données récoltées auprès de 88 504 patients issus de dix-huit pays d’Europe et d’Amérique du Nord montre aussi que le nombre de décès pendant les trois premières années du traitement est moins élevé chez les patients qui l’ont débuté entre 2008 et 2010 que chez ceux qui l’ont commencé entre 1996 et 2007. L’étude précise cependant que ces progrès sont moins visibles chez les patients infectés suite à une injection de drogue.

Se concentrer sur le bon suivi des traitements

Les trithérapies ont atteint un tel niveau d’efficacité que, désormais, ce n’est plus « l’amélioration des médicaments qui réduira davantage la mortalité des patients infectés […], ajoute Adam Trickey. Nous devons maintenant nous focaliser sur les questions liées au bon suivi des traitements, au diagnostic tardif de l’infection au VIH ainsi qu’au diagnostic et au traitement des affections associées ».
Les chercheurs estiment en outre que l’amélioration de la survie et de la qualité de vie des patients séropositifs devrait inciter les décideurs politiques à favoriser les traitements modernes plutôt que les antirétroviraux plus anciens, disponibles sous la forme de génériques.
Enfin, ces éléments devraient aussi motiver les personnes à risque à faire le test du VIH, convaincre les séropositifs de débuter leur traitement le plus tôt possible et réduire la stigmatisation des patients vivant avec le VIH.

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