Projet Résilience : « re-faire » en France

Né en 2020 pour pallier le manque de masques, le projet Résilience mise sur le « made in France » et participe au retour de l’industrie textile sur le territoire. L’aventure solidaire se poursuit aujourd’hui par la fabrication et la vente de produits éco-conçus.

Relocaliser l’industrie textile en France, tel est le but du projet Résilience. L’aventure commence en mars 2020. Alors en plein confinement pour lutter contre la pandémie de Covid-19, les réserves de masques sont vides et les difficultés de production se font jour. Face à cette situation inédite, cinq personnes vont se donner pour objectif de relancer la fabrication dans l’Hexagone pour répondre à la demande. Carol Girod et son associé Christophe Lépine, à la tête d’une agence éthique d’innovation et de brandingdans le textile,Sébastien Kopp, le fondateur de la marque de baskets écoresponsables Veja, Pierre Guérin, le secrétaire général de la holding de Decathlon, et Thibaut Guilluy, Haut-Commissaire à l’inclusion dans l’emploi et à l’engagement des entreprises, se mettent à l’ouvrage. « Il a fallu trouver du tissu et desélastiques, mais aussi des machines et des personnes qui savent les utiliser, raconte Carol Girod. Nous avons développé un modèle de masque lavable en becde canard en un week-end et nous l’avonsfait valider par la Direction générale de l’armement (DGA). »

Former et insérer

Ils avaient prévu de fabriquer deux millions de masques pour les entreprises et les associations en cinq semaines, ils en sont aujourd’hui à 22 millions. Les fondateurs du projet ont fait appel à des petites et moyennes entreprises (PME) solidaires pour les aider. Ils travaillent aussi avec des entreprises adaptées et des établissements et services d’aide par le travail (Esat), par exemple. En mai 2020, ils ouvrent leur propre atelier, composé de 150 employés, à Roubaix. « Pourtrouver de la main-d’œuvre, nous avonsmisé sur la formation des jeunes, explique Carol Girod. Nous avons favorisé la transmission du savoir-faireentre des ouvrières expérimentéeset des jeunes qui découvraient les métiersde la confection. C’est aussi un moyende valoriser des personnes qui sont parfoiséloignées de l’emploi et de leur donnerles moyens d’obtenir un poste plus durable. […] Au total, nous avons créé 2 000 emplois sur le territoire, dont 800 sont pérennes », se félicite-t-elle.

Mettre en avant l’écoconception

En plus des masques, ils diversifient leur production et se lancent dans la fabrication de tee-shirts blancs. « Le coton vient de Grèce, oùla législation européenne sur le travailest appliquée, et nous l’achetons à un prix équitable, précise Carol Girod. La coupe, la confection et la finition sont réalisées en France. Notre tee-shirt parcourt environ 5 000 kilomètres alors que la même pièce importée voyage enmoyenne 65 000 kilomètres. »Les fondateurs misent sur le « made in France » et l’écoconception, et ça fonctionne : de grandes entreprises les sollicitent (Decathlon, Ba&sh, Jules, Courir…). Ils confectionnent des bonnets, des tabliers ou encore des sacs en toile pour les marques. En parallèle, le label-marque Low Impact est créé. « Nous voulons donner accès à une modeplus respectueuse de l’humain etde l’environnement, indique Carol Girod. Pour cela, la relocalisation est indispensable, ainsi qu’un circuit de production le plus court possible pour réduire au maximum l’empreinte carbone. Nous proposonsau consommateur d’acheter des vêtements mais aussi des valeurs. »Les ambitieux fondateurs du projet Résilience ne sont pas en panne d’idées. Ils travaillent notamment sur le recyclage des chutes de tissu et sur le développement de la vente en ligne.

Benoît Saint-Sever

Pour en savoir plus : Projet-resilience.fr et Low-impact.fr


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